
De nos jours, des outils nous aident à la mise en production de nos logiciels. Que ce soit des pipelines d’intégration et de livraison continues (CI/CD), des systèmes de monitoring avancés ou encore des plateformes d’orchestration comme Kubernetes, ces outils sont conçus pour faciliter et sécuriser le déploiement de nouvelles versions. Malgré cela, j’observe régulièrement une peur de mettre en production une nouvelle version. J’ai souvent l’impression que la cause de cette peur n’est due qu’à deux raisons : l’urgence et le coût. Mais les deux sont liés. Comme d’habitude, la préparation et la méthode sont les clefs d’une mise en production réussie, sans craintes.
1. Les causes de la peur
1.1 Une peur rationnelle
Cette peur repose souvent sur des expériences passées où des mises en production ont entraîné des interruptions de service, des bugs critiques. Cependant, elle peut être largement évacuée avec une bonne préparation.
1.2 L’urgence
L’urgence naît souvent d’une mauvaise planification. Lorsqu’une équipe est pressée de déployer, les tests ne sont pas baclés mais peuvent être insuffisants, surtout au niveau de la non régression et les risques ne sont pas correctement évalués.
1.3 Le coût
Mettre en place des tests automatisés vraiment complets, des environnements de préproduction ou encore former les équipes représente un investissement initial important. Toutefois, le coût d’une mise en production ratée – en termes de réputation, de satisfaction client et de ressources mobilisées en urgence – est bien plus élevé.
2. La clé d’une mise en production sereine
Qu’est-ce qui est pire qu’un déploiement de dernière minute ?
Un déploiement de dernière minute… sans sauvegarde.
2.1 Préparation et planification
Établissez un plan de déploiement clair, incluant les étapes précises et les responsables. Attention, ce plan ne commence pas au moment du déploiement, mais plusieurs jours avant.
Le mieux est d’effectuer une répétition sur l’environnement de preproduction pour valider une checklist préétablie.
Il ne faut pas oublier de prévenir les utilisateurs et le support de la plage horaire d’indisponibilité.
Il est très important de prévoir des tests une fois la mise en production effectuée et de planifier une fenêtre de retour arrière (rollback) en cas de soucis.
Pourquoi les architectes adorent les plans de mise en production ?
Parce que c’est la seule fois où ils peuvent tout contrôler… avant que tout parte en vrille.
2.2 Tests exhaustifs
Les tests des développeurs ne sont pas suffisants. Mettez en place des tests unitaires, d’intégration et end-to-end pour valider les fonctionnalités avant la production. Une équipe de testeurs dédiée est recommandée.
Les bugs ne doivent pas étre corrigés à la va vite afin de mettre en production coûte que coûte, il vaut mieux annoncer un décalage que risquer des régressions importantes.
Pourquoi le responsable du déploiement a-t-il une voix cassée après chaque mise en production ?
Parce qu’il doit toujours crier : « Qui a changé ça sans me prévenir ? »
2.3 Communication
Informez toutes les parties prenantes (Utilisateurs, support, direction) des changements prévus et des procédures à suivre en cas de problème.
2.4 Utilisation des outils modernes
Adoptez des outils comme CI/CD, Kubernetes, des outils de tests automatiques ou encore des stratégies de déploiement progressif (blue-green, canary releases).

2.5 Formation des équipes
Assurez-vous que chaque membre comprend le processus de mise en production et sait réagir aux imprévus.
Conclusion
La mise en production ne devrait jamais être un saut dans l’inconnu. Avec une bonne préparation, des outils adaptés et une méthodologie rigoureuse, il est possible de transformer cette étape critique en une formalité presque banale. Prenons le temps d’investir dans ces bonnes pratiques aujourd’hui pour éviter de payer un prix beaucoup plus élevé demain. Faire une mise en production sans préparation, c’est comme sauter d’un avion sans parachute : excitant, mais probablement une très mauvaise idée. Une mise en production bien préparée, c’est comme un atterrissage en douceur : anticipé, contrôlé et sans frayeur.
Donnez-moi vos anecdotes les plus croustillantes sur vos déploiements !


