
La vie en entreprise, ou est-ce l’art de justifier son poste ? Un jour, on vous vend LE template ultime, celui qui va révolutionner la documentation et assurer une compréhension universelle de vos choix d’architecture. Six mois plus tard, un comité décide qu’il est dépassé, non conforme aux nouvelles tendances, et hop, un nouveau template débarque auquel on ajoute des informations qui peuvent changer du jour au lendemain et ou on supprime la justification des choix faits.
Le Dossier d’Architecture : Haute Couture ou Fast Fashion ?
— ChATGPT —
Pourquoi tant de haine ? Entre le roman fleuve de Balzac et des schémas illisibles et le post-it laconique, peut-on espérer un juste milieu ? Tentons de démystifier ce phénomène absurde et d’y survivre.
1. La grande parade des templates : quand l’architecture flirte avec la mode
Il est vrai qu’il existe des templates allant avec des normes, mais les grandes entreprises aiment avoir leurs documentations bien à elles.
J’avoue que tous les templates que j’ai croisé se ressemblent quand même, mais je n’ai quasiment travaillé que pour de très grandes entreprises. Cependant, j’ai eu l’occasion d’avoir à relire certains documents pour donner des conseils et voici ce que l’on peut trouver.
👘 Le ‘Minimaliste Zen’
- 1 page, 3 bullet points :
- Nous avons choisi cette architecture.
- Nous pensons que c’est une bonne idée.
- Nous espérons que ça marche. »
📚 Le ‘Template Encyclopédique’
- 400 pages, un sommaire interactif, des annexes plus volumineuses que le projet lui-même.
- Intègre des références philosophiques et une étude d’impact climatique sur l’usage du JSON.
- Personne ne le lit, mais tout le monde le craint.
⚡ Le ‘Template Agile’
- Ne doit jamais être statique.
- À mettre à jour à chaque sprint sous peine de s’auto-détruire comme un message de Mission Impossible.
- Doit être revalidé par les experts à chaque changement
- Contient une section dédiée aux « idées non encore validées mais qu’on met quand même pour voir ».
🏛 Le ‘Template Corporate Compliant’
- 20 niveaux de validation, incluant le DSI, la direction juridique, le concierge du bâtiment et les souris qui se cachent derrière l’armoire.
- Utilisation obligatoire de termes validés par un comité de standardisation secret.
- Un document qui évolue plus lentement que les besoins réels des projets.
2. Pourquoi ces changements incessants ?
La vraie question est plutôt : qui décide de ces changements ? Puis vient immédiatement une autre question : pourquoi ? Voici quelques théories (oui, là, j’ai peut être de l’imagination)
- Un comité de sages millénaires, style de conseil de maitres Jedi, qui, enfermé dans une salle sans Wi-Fi, réinvente tous les six mois ce qui existe déjà.
- Une personne de la hiérarchie en quête de reconnaissance qui doit « laisser son empreinte » avant la promotion. C’est un peu comme une réforme de l’éducation nationale…
- Un mouvement ésotérique d’architectes pratiquant la magie et convaincus que le changement, même inutile, est synonyme de progrès.
- La peur du vide documentaire, qui pousse à ajouter des sections inutiles pour se donner bonne conscience.
Bien sûr, il y a aussi des raisons plus légitimes : évolutions des normes, nouvelles méthodologies, adaptation aux technologies émergentes. Mais pourquoi fallait-il changer l’ordre des sections et était-il vraiment indispensable de rebaptiser « Description de l’architecture » en « Synthèse stratégique des éléments structurants » ?
3. Le vrai problème : l’usage, pas le template
Changer de template tous les six mois ne règle pas le problème fondamental : un bon dossier d’architecture n’est pas une question de format, mais d’utilité.
Un template parfait entre les mains d’un architecte verbeux devient une décalogie de science-fiction.
Un template incomplet entre les mains d’un architecte minimaliste devient une devinette pour le reste de l’équipe.
L’objectif est pourtant simple :
- Expliquer clairement les choix d’architecture.
- Donner les informations nécessaires sans noyer les équipes sous un tsunami de documentation.
- Être un support utile, pas une corvée administrative.
- Les données qui peuvent changer rapidement seront dans un document d’exploitation
4. Survivre à la jungle des templates : mode d’emploi
✅ Adapte-toi, mais ne te perds pas : si le template change, l’essentiel reste le contenu. Il ne faut pas écrire pour remplir des cases absurdes. On verra bien ce que diront les relecteurs d’une petite phrase explicative ou d’un N/A.
✅ Teste ton dossier : si un collègue met plus de temps à comprendre ton paragraphe qu’à boire son café, c’est qu’il est trop long ou mal expliqué.
✅ Mets une blague cachée dans ton document : si personne ne la remarque, c’est qu’ils ne l’ont pas lu (et ça, c’est un vrai problème, et oui, cela arrive plus qu’on ne le pense).
✅ Ne sois pas dupe : un template parfait n’existe pas. Ce qui compte, c’est qu’il serve réellement aux développeurs, aux décideurs et aux autres architectes et qu’il puisse être repris rapidement par tes successeurs.
5. Conclusion – Et si on arrêtait de réinventer la roue ?
Il est vrai que ce titre de conclusion est valable sur de nombreux sujets. Mais au lieu de passer notre temps à modifier des templates comme des designers de mode insatisfaits, pourquoi ne pas se concentrer sur ce qui compte vraiment ?
Une fois, j’ai eu à modifier le format du document, passer de Word à Google Doc… Pour revenir à Word quelques semaines plus tart…
Plutôt que de multiplier les sections inutiles, si on revenait à l’essentiel : un dossier d’architecture clair, pertinent et adapté au projet ?
Moralité : mieux vaut un template imparfait bien utilisé qu’un modèle parfait jamais lu.
Et vous ? Quel est le template le plus absurde que vous ayez vu en entreprise ? Partagez vos anecdotes dans les commentaires ! 😃


