Comment éviter de piocher au hasard dans le stock disponible ?

Peut-on décider qui rentre sur un projet ? En fait qui décide vraiment ? Et comment est fait ce choix ?

L’équipe en place peut elle décider de qui va rentrer sur le projet ? Le management ? les tech leads ? Les RH ? Une IA? Mystère.
Quels sont les critères à prendre en compte pour trouver la/les personnes qui vont aider le projet, faire évoluer l’équipe et s’épanouir et surtout rester ?
J’ai déjà fait des entrevues. Je recherche des personnes avec qui je me sens connecté, qui sont curieuses et débrouillardes et qui connaisse au moins un peu la technique. Ce n’est pas suffisant et je me suis souvent planté. Comme quoi, même en 23 ans de métier, le recrutement reste un art délicat (et parfois un jeu de fléchettes à l’aveugle).

Entre les profils en intercontrat qu’on nous présente comme « parfaits pour le projet » (mais dont le seul lien avec le besoin est d’avoir un clavier et d’être en intercontrat) et les nouveaux embauchés qu’on aimerait tester, comment choisir la bonne personne à intégrer à l’équipe ?


Contexte : le recrutement en mode projet

Dans une ESN, le recrutement d’un collaborateur sur un projet, ce n’est pas le recrutement classique d’un CDI. Non, non. C’est un savant mélange entre :

  • Ce que le client attend,
  • Ce que le manager a de disponible (spoiler : souvent des intercontrats),
  • Ce que la RH a embauché récemment,
  • Et ce que vous, chef de projet ou architecte, espérez secrètement (un bon dev… qui reste !).

Mais voilà, entre les ressources disponibles et le besoin réel, il y’a un gouffre et je tombe souvent dedans.


Le vrai enjeu : trouver la bonne personne qui va rester

L’objectif ce n’est pas juste de « boucher le trou dans le planning », c’est de trouver une personne qui va s’intégrer, monter en compétence et vouloir rester.

Et c’est là qu’un bon accueil ne suffit pas. Il faut déjà recruter avec un minimum de lucidité.


Les bons critères à observer

  1. La motivation réelle pour le projet
    Est-ce que la personne semble intéressée par ce que fait l’équipe ? Ou elle est juste là en attendant mieux. J’ai souvent hésité à accepter un projet qui ne me convenait pas. Ne nous cachons pas, nous sommes quand même pousser à accepter ce qui est proposé. Mais, lorsque l’on est staffé, on se retrouve souvent à ne pas pouvoir changer de projet facilement.
  2. La capacité à travailler en équipe
    Parce qu’un « wild duck » qui code tout seul dans son coin, c’est souvent plus de problèmes que de solutions.
  3. Le potentiel d’évolution et d’adaptation
    Le projet va bouger. Est-ce que la personne montre de la curiosité ? Une volonté d’apprendre ? Il arrive qu’une personne veuille être experte dans un domaine précis et ne montre pas d’intéret sur les technologies autour.
  4. Le relationnel et l’humilité
    Oui, c’est technique, mais on passe nos journées à se parler. Un « je ne sais pas, mais je veux comprendre » vaut plus qu’un « je suis fullstack AI Kubernetes ».
  5. La compatibilité culturelle avec l’équipe
    Même à 80%, ça peut marcher. Mais à 20%, c’est souvent l’éjection programmée. Il est vrai qu’une équipe ou les personnes s’entendent bien fonctionne mieux, l’entraide est plus simple, la discussion plus franche.

Et quand on n’a pas le choix ?

Parce que soyons honnêtes, la plupart du temps, on ne recrute pas : on hérite.

Alors là, il faut faire avec mais en posant les bases dès le départ :

  • En étant clair sur les attentes.
  • En encadrant les premiers jours (cf « Bienvenu dans l’équipe« ).
  • En donnant des feedbacks rapidement.
  • Et en ayant un plan B (parce que bon, parfois, la connexion ne se fait pas).

Conclusion

Recruter pour un projet, ce n’est pas « prendre quelqu’un de dispo » : c’est investir dans une dynamique d’équipe, dans une relation de confiance, et dans la réussite du projet.

Alors la prochaine fois qu’on vous dit « j’ai un super profil dispo », vous saurez poser les bonnes questions :
👉 Est-ce qu’il veut être là ?
👉 Est-ce qu’il peut apprendre ?
👉 Est-ce qu’il va faire progresser l’équipe, et pas juste le backlog ?

Et si vous avez un doute… faites comme pour les pizzas : testez une part avant de commander la familiale.

Related Posts