

Mais si, cette techno va tout révolutionner…
Oui, tout comme les 12 précédentes.
L’informatique bouge, les technologies évoluent et de nouvelles émergent. Je ne pense pas que quelqu’un sur terre ait connaissance de tous les changements. Lorsque qu’un projet démarre, il y a de grandes attentes, il faut révolutionner l’expérience utilisateur, apporter des fonctionnalités toujours plus simples à utiliser mais aussi toujours plus puissantes.
L’attrait des nouvelles technologies est là et effectivement, en tant qu’architecte les diverses solutions sont à étudier. Peser le pour et le contre, c’est la base. Etrangement, je ne vois pas les « techniques » pousser pour une nouveauté , c’est plus souvent la haute hiérarchie qui a entendu, lu, ou eu une présentation d’un nouveauté miraculeuse.
Dans une réunion de direction, si tu ne mentionnes pas IA, microservices et blockchain, t’as raté ta carrière.
— Louis XVI —
2. Pourquoi y a t il des modes en tech ?
2.1. L’engouement médiatique
L’effet nouveauté et la pression du marché – « FOMO (Fear of Missing Out) : version IT »
- L’engouement médiatique et les tendances sur les réseaux : « J’ai lu un truc sur LinkedIn, c’est forcément bien, non ? »
- La pression des équipes et des décideurs : « Le CTO a vu un post sur X, donc on doit absolument tout réécrire en Rust. »
- L’impression que ce qui est récent est forcément meilleur : « Vue.js 3.0.1.4.6 Alpha Beta RC ? Bah oui, c’est stable ! »
2.2. Le marketing des éditeurs et des influenceurs tech
Il faut se mefier des présentations, tout y est magique, c’est rapide, simple, complet… Oui mais, ce n’est pas une révolution, c’est un bon PowerPoint.
- Les grandes promesses des fournisseurs : « Notre framework est 2000x plus rapide… mais sur notre laptop de test, pour afficher Hello World ! »
- L’impact des influenceurs : « Si un dev YouTubeur fait une vidéo dessus, c’est que c’est génial… jusqu’à la prochaine vidéo. »
2.3. L’attrait pour la montée en compétences et la valorisation personnelle – « Le syndrome du CV-driven development »
- Apprendre une techno en vogue, c’est valorisant : « Après tout, ‘Expert en Kubernetes’ en 3 semaines, c’est crédible sur LinkedIn, non ? ». Il est d’ailleurs impressionnant de voir combien de personnes connaissent le vocabulaire mais n’ont jamais touché à la techno.
- Mais attention au piège : « OK, c’est bien beau d’apprendre du neuf, mais qui va maintenir ce joyeux bazar ? ». Et oui, s’il n’y a personne pour assurer la maintenance car personne n’y connait rien, que va dire le client ?
3. Les risques de céder aux tendances technologiques
3.1. Projets surdimensionnés et inadaptés
Quand un site vitrine tourne sur Kubernetes avec 12 pods…
Bon, il vrai que le budget est important, donc avoir 36 pods pour un Hello World ne risque pas d’arriver mais l’on peut tout de même avoir un projet inutilement complexifié : « Non, une API REST en Go avec Kafka, ce n’était pas nécessaire pour un formulaire de contact. ».
Nous commettons aussi l’erreur de croire qu’une techno récente est LA solution universelle. C’est faux, chaque techno a ses spécificités et ses applications, mais bien sûr, il faut la vendre…
3.2. Obsolescence rapide et dette technique – « Hype today, Legacy tomorrow. »
Une techno tendance aujourd’hui peut être oubliée demain : « Qui se souvient encore de Meteor.js ? Personne ? Voilà. ». N’oublions pas que les Ateliers de Génie Logiciel ont été à la mode, et que Cobol aussi. Les nouvelles technos, c’est comme la mode : aujourd’hui c’est cool, demain c’est ringard.
3.3. Manque de compétences et difficultés de maintenance
Mais où sont passés les experts ?
Recruter sur des technos trop récentes, un vrai défi. Quand j’ai commencé à travailler, Java était tout neuf, et pourtant, on pouvait voir passer des annonces pour recruter des personnes avec 5 ans d’expérience. Et puis, sans se mentir, pouvoir chercher sur stackoverflow, c’est bien. Du coup, il faut trouver la documentation, mais ici, on trouvera plutôt son absence… « Lisez le README. Ah ben non, y’en a pas. »
4. Comment résister et faire les bons choix ?
4.1. Revenir aux besoins métiers et aux contraintes du projet
Mais pourquoi on fait ça déjà ?
Il faut se poser les bonnes questions, Si personne ne sait répondre, c’est mauvais signe. et se demander si une techno plus classique ne ferait pas le job aussi bien. Ne pas oublier la règle du KISS (Keep is simple, supid).
4.2. Adopter une approche pragmatique et évolutive
Si ça marche, pourquoi tout casser ?
C’est effectivement un dogme d’un informaticien, si ça marche, on ne touche pas !
Effectivement, j’ai tendance à privilégier des solutions éprouvées et modulaires. Il ne faut pas négliger les avancées, certes, mais il faut tester avant d’adopter massivement. On commence par un POC, et si ça explose, on repasse sur du bon vieux PostgreSQL.
4.3. Sensibiliser les équipes et les décideurs
Non, on ne va pas tout refaire en Rust juste pour le plaisir.
On repasse à la base, on liste les solutions et on pèse le pour et le contre de chacunes, on argumente avec des cas concrets, et on explique l’impact en termes de coût et de complexité car oui, le budget aussi, c’est important.
5. Conclusion – « L’innovation, c’est bien… avec modération. »
Les technologies à la mode sont comme le dernier iPhone qui promet de tout révolutionner… jusqu’au prochain modèle. Mais en architecture informatique, céder à la mode sans réflexion, c’est prendre le risque de bâtir un château de cartes avec des briques qui n’existent en fait pas encore.
L’important, ce n’est pas d’avoir la solution la plus tendance, mais la plus adaptée. Un bon choix technologique ne se fait pas sur un coup de tête après une conférence inspirante ou une vidéo YouTube sponsorisée. Il repose sur une réflexion pragmatique, une vision long terme et un alignement avec les besoins métiers.
Alors oui, tester de nouvelles technos, c’est excitant, et personne ne veut finir comme ce développeur condamné à maintenir une vieille appli COBOL. Mais souvenons-nous que les meilleurs projets ne sont pas ceux qui utilisent les outils les plus récents, mais ceux qui tiennent la route, sont maintenables et répondent réellement aux attentes.
En bref : innover, oui, mais pas juste pour faire joli sur le CV. Un CV avec que des technos innovantes, j’ai tendance à m’en méfier, mais ça fait bien sur LinkedIn.


